Conseils sur le développement éditorial

Donnez une nouvelle orientation à votre stratégie de contenu grâce au slow content

By 17 septembre 2020 No Comments
slow content

A force d’être submergés en continu par un flux de contenus en tous genres, on devient info-obèses, le mal du siècle.

Le risque est qu’on lise les contenus mais sans adhérer. D’ailleurs, le taux d’engagement ne fait que chuter.

Et si pour arriver à plus d’adhésion, d’engagement à une marque, un site, ses produits / services, la solution était de revenir à l’essentiel ? Produire de manière plus raisonnée, pour plus de sens, plus d’intérêt, de valeur, d’authenticité ?

Le slow content, cette nouvelle tendance de contenu lent, ou plutôt ralentissement de la cadence éditoriale s’inscrit comme une alternative sérieuse et impactante pour revenir à une production éditoriale sobre.

Cela ne signifie pas décrocher, ne plus produire et perdre de la visibilité. Il s’agit de poursuivre vos objectifs éditoriaux mais de manière raisonnée, contrôlée en valorisant la raison d’être profonde, la sincérité et l’authenticité du contenu.

Entendons-nous bien, il ne s’agit pas ici de parler de la qualité des contenus. Certes, certains sont là pour relayer une information sans prendre de hauteur, mais d’autres sont là aussi pour apporter une vraie valeur ajoutée, une vraie prise de hauteur.

Ca vous tente de danser un slow (content) avec moi ? On y va !

 

Sommaire

 

  • Le rapport parfois flou entre l’entrepreneur et le contenu
  • Rappel de ce qu’est l’objectif initial du développement éditorial
  • Réalité d’aujourd’hui : L’infobésité, le mal du siècle et une maladie bien réelle
  • Les standards du web ont tendance à lisser nos contenus
  • Le contre-pied indispensable pour retrouver du sens : Le slow content
  • Comment mettre en place une démarche Slow content efficace et durable ?
  • Conclusion

 

Le rapport parfois flou entre l’entrepreneur et le contenu

 

L’entrepreneur est à la fois éditeur et consommateur de contenus. Il en a besoin pour être visible, générer du trafic, mais il en a aussi besoin pour créer de l’engagement.

Peut-être est-il un acteur malgré lui de l’infobésité (lire sans aller plus loin), mais ce n’est certainement pas la démarche qu’il souhaite que ses lecteurs aient avec ses propres contenus.

Il cherche à intéresser, fidéliser ses lecteurs, générer des interactions : un téléchargement de livre blanc ? Une inscription à un webinaire ? Une inscription à la newsletter ?

Bref, il s’agit ici d’une prise de conscience : Ne pas faire pour ne pas subir. C’est comme ça aussi que se crée le cercle vertueux.

 

Rappel de ce qu’est l’objectif initial du développement éditorial

 

Avec cette course sans fin de rédaction de contenus ultra intensive, on en oublie l’objectif initial du développement éditorial. On écrit des articles, du contenu pour informer, décrypter, donner son avis sur une actualité, une tendance, un évènement. On aide l’utilisateur à prendre de la hauteur sur un sujet.

On cherche également à devenir le média préféré de ses lecteurs, créer de la fidélité.

C’est à mon sens (en tout cas), le rôle à donner au développement éditorial.

 

Réalité d’aujourd’hui : L’infobésité, le mal du siècle et une maladie bien réelle

 

Voir l’article complet sur l’infobésité.

Voici une liste non exhaustive des conséquences que l’infobésité peut avoir sur vous :

  • Blurring : Frontière vie pro / vie perso trop floue.
  • Sommeil dégradé.
  • Anxiété / FOMO (Fear Of Missing Out).
  • Addiction.
  • Paralysie décisionnelle : L’individu est paralysé dans sa prise de décision par le trop-plein d’information.
  • Perte de mémoire.
  • Capacité de jugement dégradée.
  • Baisse de créativité et risque de plagiat (on se copie les uns les autres).
  • Baisse de performance.
  • Épuisement nerveux et psychique.
  • Stress à long terme.
  • Productivité en baisse due aux pertes de temps et aux interruptions permanentes.
  • Baisse de la capacité à hiérarchiser les données reçues.

Bref, c’est pas la joie 🙂

L’idée ici n’est pas de noircir le tableau, mais plutôt de mettre en lumière une tendance néfaste dont tout le monde n’a pas conscience, et de montrer qu’une autre dynamique éditoriale est possible. Sans changer complètement de façon de faire, juste de perspective.

Le pire ? On consomme les “contenus” et on les “jette” tout de suite après. Sans même aller plus loin dans l’article, sans chercher à aller plus loin dans l’offre proposée par le site lu.

Au final, on peut s’interroger sur l’objectif de tout ça ? Où est le sens ?

Je ne peux pas m’empêcher de faire le lien avec les chaines d’information continues qui surfent sur tout et n’importe quoi en concurrence directe avec les autres chaines de peur de perdre de l’audience.

Rappelons le bad buzz qui avait eu lieu à propos de la capture du faux Xavier Dupond de Ligonnès : Toutes les chaines avaient surfé sur le sujet jusqu’à écœurement pour se rendre compte le lendemain que la personne capturée n’était finalement pas la bonne. Bref beaucoup de foins, de certitudes, de personnes interrogées, pour… rien.

L’urgence de l’information nous fait perdre toute prise de hauteur et de recul. Une information étant remplacée par une autre en peu de temps.

On peut aussi penser à la gestion de la crise du covid-19 pendant le confinement. Les chaines d’info ne parlaient que de ça.

Les chaines d’info continue et autres éditeurs de contenu ont une responsabilité sociétale, et ne doivent pas l’oublier.

 

Les standards du web ont tendance à lisser nos contenus

 

Les standards du web ont tendance à lisser les contenus :
  • Formats de page.
  • Ligne éditoriale.
  • Règles de rédaction web.
  • Champ sémantique autour d’un sujet et titre de page.
  • Quête de visibilité sur les moteurs de recherche (pour toute entreprise ayant des objectifs business sur le web, ou même des objectifs de visibilité locale).

Heureusement la compréhension de l’intention de l’utilisateur derrière une requête impacte l’angle d’attaque sur un sujet et permet de se différencier et d’impacter positivement le lecteur (créer une émotion). Et le fidéliser. En revanche, le cercle vertueux se crée très lentement.

 slow content

Source Dixxit

 

Le contre-pied indispensable pour retrouver de la sobriété éditoriale : Le slow content

 

Vous l’avez compris le slow content est une vision alternative à la production de contenus permanente. Point positif : rien n’est perdu, nous pouvons changer notre fusil d’épaule.

 

Quelle est la philosophie du slow content ? Et les objectifs ?

 

Le slow content s’inscrit dans une quête d’engagement, une recherche d’adhésion, une quête d’authenticité. A l’inverse de la quête absolue de trafic et de statistiques en hausse.

Il constitue un véritable axe de différenciation dans votre paysage éditorial concurrentiel.

Il faut d’abord penser à l’utilité du contenu à rédiger : A-t-il une utilité pour l’utilisateur cible par rapport à ses besoins et ses contraintes ? Ou est-ce un sujet de contenu secondaire ?

Ledit contenu est-il opportuniste ou a-t-il une vocation durable ?

Dans certains cas (quand les contenus sont considérés par leur éditeur comme peu développés) Il s’agit de produire des contenus plus fouillés et plus approfondis, donc plus longs à produire. Ce changement implique de réduire le rythme de parution.

Par la même occasion, le slow content est aussi une magnifique opportunité de réduire l’empreinte carbone générée par la publication massive et quotidienne de contenus sur le web. On publie moins donc on pollue moins.

 

Comment construire une démarche de slow content ?

 

Pour résumer :
  • Réfléchir aux sujets, aux formats, à la gestion des contenus nouveaux versus existants (mis à jour, supprimés).
  • Penser à l’utilisateur, ses besoins, ses contraintes.
  • Adéquation entre la proposition de valeur de l’entreprise versus attentes de l’utilisateur.
  • Orienter sur des sujets de fond, innovants, impactants, qui peuvent changer les mentalités.

La démarche du slow content implique de réfléchir en conscience à ce qu’on produit et partage (intérêt et utilité dudit contenu, impact sur le lecteur) en adéquation avec les valeurs de l’entreprise.

Réfléchir également aux formats : lesquels sont les plus susceptibles d’impacter positivement le lecteur.

Le podcast est un exemple parfait car il implique de prendre le temps d’écouter, d’être disponible mentalement. Encore plus quand il s’agit de formats longs. Je pense par exemple aux podcasts de France Info d’1h.

Le slow content s’inscrit dans la lutte contre l’obsolescence des contenus :

Lesquels garder en l’état, lesquels mettre à jour ? Lesquels supprimer ou merger en un seul ? Lesquels refondre pour un format plus adapté ? En cela c’est un travail d’investigation sur les sujets, les formats selon les objectifs, les contraintes.

Enfin le slow content se concentre à produire pour l’utilisateur avant tout, de la manière le plus juste, selon les valeurs de l’entreprise, la singularité et l’âme de l’auteur : oser être soi, avec des images de votre production.

 

Conclusion

 

Comme vous avez pu le constater tout au long de cet article, la démarche Slow Content n’implique pas de réorganisation de l’entreprise ou un changement de modèle économique. Il s’agit de se recentrer sur l’essentiel, communiquer différemment, de manière plus sobre, plus sincère, plus authentique. C’est aussi une démarche environnementale. Certes ce n’est pas avec elle qu’on va limiter à 2°C la hausse des températures d’ici 2050 mais si tout le monde s’y met, on rentrera dans une dynamique positive.

 

Quel est l’impact du slow content sur le référencement ?

 

Je dirais que l’impact ne peut être que positif puisqu’il s’agit d’aider l’utilisateur final. Les impératifs SEO sont toujours là donc il n’y a pas de dégradation du SEO. Au contraire on cherche à apporter plus de valeur.